22.04.2009
Quatre saisons ou peut-être cinq
C'est ce que m'évoquent ces quelques photos du photographe roumain, Camil Tulcan.
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mais quel à-propos et quelle drôle de façon de détourner les composantes lugubres
19:28 Publié dans Photographies | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : camil tulcan, roumanie, photographies
16.01.2009
Sans ménagement
Un aller-retour express à Lyon, un cercueil sombre au coeur d'une église pleine et la photo souriante d'une jeune femme amusée, telle qu'on ne la voyait plus depuis longtemps: drôle d'empilage qui s'ajoute à ceux de Bohumil Hrabal dans mon esprit survolté.
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Vends Maison où je ne veux plus vivre. C’est précisément le titre qu’a pris la traduction française du livre de Hrabal qui m'accompagne ces jours-ci. Sous ce constat mélancolique se cachent des pages d’une violence extravagante : un bon bol d’air fou.

La Bohème où nous entraîne Hrabal dans cette suite de courts récits retentit du fracas trivial de la vie quotidienne. Rien ni personne n’est épargné. Dans toute la ville de Prague bruit une foule d’objets féroces et inutiles qu’on déplace, qu’on recycle, qu’on détruit, qu’on tente de vendre en vain, terribles témoins d’une vie dépassée par l’innovation permanente et obligatoire. Ex-voto rouillé, lettres d’amour périmées, tambour crevé, usine en chantier, tout est bon pour créer des histoires absurdes, dont les héros surgissent sans crier gare, poursuivant à voix haute leur monologue intérieur, à peine déconcertés par les contrariétés de l’existence : dans les prisons, les détenus tombent amoureux tandis que les gardiens se prennent pour des anges, les philosophes se moquent des intellectuels, les filles perdues dans l’alcool partagent leur corps les bras en croix puis disparaissent sans façon par la fenêtre. Le monde est fou alors dansons, cassons, craquons, rions, buvons, disons ce qui nous chante, ouvrons les yeux pour qu’y perce parfois, fugace, la grâce.
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On ne sort pas indemne de tant d’extravagance. Ceci est un appel à combattre sur le front de la libération intérieure – on peut s'y exercer dans notre bon vieux métro, aux heures de pointe, par exemple !
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Vends Maison où je ne veux plus vivre, Bohumil Hrabal, Robert Laffont/Point, 1989
Illustration: (c) Jiri Kolar
14:12 Publié dans Lectures | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : hrabal, prague, république tchèque, extravagance
17.11.2008
Trois jours à Vienne
Voici quelques idées d’itinéraires pour découvrir la capitale autrichienne, loin des clichés shellero-barbarant ou pire encore… (la maison ne recule devant aucun sacrifice !), sans pour autant renoncer à quelques passages obligés.
Je m’adresse ici à ceux qui visitent Vienne pour la première fois. Pour le second degré, le parcours Master II, spécialité Jugendstyl, les mélomanes only, etc, voyez les numéros suivants… enfin, on verra si il y en a.
La meilleure façon de découvrir la ville est sans doute de se rendre directement au pied de la cathédrale St Etienne, puis de s’enfoncer dans les petites rues qui vont se perdre derrière (Outre de jolies façades, il y a là l’église des Franciscains et sa mignonne place, et l’église des Jésuites dont la coupole laisse un souvenir stupéfait)… On pourra toujours, par la suite retourner sur ses pas et arpenter les larges rues piétonnes qui du Graben au Freyung mène au Ring…
Le fameux tram 0 qui tournait inlassablement sur le Ring semble être en voie de disparition… mais il est toujours possible d’emprunter les lignes de tram 1 ou 2 (qui ne tournent pas dans le même sens) pour se faire une petite idée de ce que représente le Ring, exceptionnelle démonstration du mouvement artistique « historisme » : chaque monument rend hommage à une époque passée. Le tram vous mènera, au chaud (détail qui a son importance en hiver !) de la Votivkirche à l’Opéra, itinéraire de notre démonstration sur le goût polymorphe de la monarchie KKnienne, au sommet de sa gloire… En 1867 est conclu le Compromis qui reconnaît l’existence d’une double monarchie austro-hongroise, à la tête duquel règne l’empereur d’Autriche, François-Joseph. C’est au cours de la décennie suivante que sont élevés tous ces monuments qui rythment encore aujourd’hui le Ring et en font un haut-lieu du néo-ce-que-vous-voulez : ainsi, la Votivkirche (1856-1876)* construite pour commémorer l’attentat raté contre François-Joseph (1853), est clairement néo-gothique. Juste à côté, l’Université (1877-1884), de style néo-renaissance, évoque l’humanisme de la Renaissance et les universités médiévales qui l’ont précédé. Un peu plus loin, le Burgtheater (1874-1888) est bâtie dans le style néo-baroque, sensé exalter le faste monarchique… Le Rathaus, (hôtel de ville) n’a rien à envier aux fantaisies perpétuellement gothiques et momentanément étincelantes de son homologue parisien. Plus loin, le Parlement (1873-1884), de style néo-grec, rappelle la première démocratie antique…
Entre les monuments, s'étendent des bâtiments administratifs et des jardins très appréciables et appréciés. D'ailleurs, les jardins du Rathaus sont un lieu très populaire pour les Viennois et les touristes : l'hiver, on peut se prendre tous les soirs pour "Mickey à la patinoire" et l'été des écrans géants y sont dressés et tout le monde vient siroter une bière devant des rediffusions d'opéra en plein air... Ici et là, bien cachées, on retrouve aussi les traces des constructions du XVIIIe siècle, qui permettent d'imaginer l'imbrication des rues et la gemütlickkeit (j'y reviendrai...) des habitations...
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*Je mentionne les dates à dessein : imaginez une seconde le chantier gigantesque que devait être le Ring aux alentours de 1875 !
A part ça, si vous êtes fascinés par l’ordre du Ring, vous trouverez tout ce qu’il faut savoir sur ce site détaillé et en allemand...
23:43 Publié dans Travellingues | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : vienne, jugendstil, sissi


